Franz-Xavier Messerschmidt au Louvre : totalement anticonformiste !

F-X Messerschmidt, L'Homme qui baille

  L’exposition  F-X Messerschmidt  au Louvre dure  jusqu’au 25 avril ; si vous ne l’avez pas encore vue, il serait dommage de la manquer. ces sculptures sont rares et la visite, riche en émotions, ne prends pas longtemps. L’écart entre les sculptures officielles, comme le portrait de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, et les « têtes d’expression » est saisissant. Les premières réspectent  les règles du classicisme, les dernières sont absolument anticonformistes !

F-X Messerschmidt, L'impératrice Marie-Thérèse

vous trouverez tout sur l’histoire dramatique de cet artiste de la deuxième moitié du  XVIIIème siècle,  dans l’article de Thomas Schlesser  du  n° 320 de Beaux Arts Magazine : « Son destin chavire en 1774, quand un poste de professeur à L’académie de Vienne lui est refusé ». Il se replie alors sur lui-même, et sculpte ces étonnantes « Têtes d’expression » en faisant des grimaces devant un miroir. Fait rare à cette époque, ces sculptures ne sont pas des commandes mais des oeuvres marginales. Le matériau, un alliage de plomp et d’étain, est déjà peu courant. L’exagération des rictus nous intrigue. Le crâne chauve, le visage imberbe, absolument lisse, contrastent avec le « plissage » paroxystique mimant, une expression, un sentiment ou un charactère. C’est inquiétant ! Contrairement à Lunettes Rouges  je ne trouve pas ces têtes réalistes ; le rictus est le résultat d’un effort de crispation surhumain pour représenter  une émotion ou un caractère. A mon avis, on est plus dans le domaine du simulacre. Au fil de la visite, l »ensemble m’a mis mal à l’aise. A l’instar de Lunettes Rouges, devant L’Homme qui baille je vois  un homme qui hurle de douleur psychique. Les grimaces sculptées semblent l’expression de tourments intenses. Je vous recommande L’homme constipé ; Oui, vous avez bien lu !  He bien, ça n’est même pas drôle ! Heureusement que l’expo est assez courte. S’il y avait des centaines de visages, tous semblables, aux expressions forcées les plus variées, la visite basculerait dans l’horreur : Ce serait un vrai cauchemard !

A propos Françoise Delaire

historienne de l'art
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